la langue de la sorcellerie1La langue de la sorcellerie

au Congo-Brazzaville

La question de la sorcellerie interpelle aussi celle de son évocation, de son langage (karachika, ndoki, envoûter, manger quelqu’un, féticheur, nganga, tradi-praticien, voyant…).

Cet ouvrage montre que l’objet de la sorcellerie ce n’est plus seulement le domaine spécifique des problèmes, des obstacles à résoudre (l’échec, la maladie, le mal…), c’est aussi le domaine de la malléabilité du langage, le lieu de l’imagination imaginante et de la créativité du sujet parlant, parce qu’en même temps qu’elle dit l’Homme, celui-ci – parce qu’il cherche à rendre compte d’un monde invisible, parce que ce qu’il est amené à dire va au plus profond de sa culture et de son univers intérieur qui le transcende –, se dit autant dans et à travers elle.

Autant le dire : la sorcellerie, c’est de la parole. Mais quelle parole ? Une parole qui est pouvoir et non savoir, et non information.